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InformationsPublié le 27 août 2020

Un test de performance pour tous les cyclistes ou quand le confinement a du bon

Le groupe Physiologie du sport Endurance de la Haute école fédérale de sport de Macolin HEFSM a ainsi développé, en collaboration avec la faîtière nationale du cyclisme, Swiss Cycling, un test de performance baptisé Engine Check.

Ce test, qui permet de déterminer de manière autonome la consommation maximale d’oxygène (VO2max), a suscité un tel intérêt auprès des coureurs d’élite de Swiss Cycling que la HEFSM et la fédération ont décidé de le mettre à la disposition de tout un chacun via un site dédié: www.enginecheck.ch. Sur 17 parcours couvrant presque toutes les régions du pays, les cyclistes amateurs peuvent ainsi désormais tester eux-mêmes leur capacité de performance. A la tête de ce projet, on trouve deux collaborateurs scientifiques de la HEFSM, plus précisément du groupe Physiologie du sport Endurance: Nina Zenger et Beat Müller. C’est à ce dernier, qui est aussi chef du sport de performance chez Swiss Cycling, que nous avons demandé quelques précisions.

Il existe déjà plusieurs tests de performance standardisés sur grand tapis roulant ou à l’extérieur, qui permettent de déterminer la VO2max. Qu’est-ce que cet Engine Check a de spécial?

Sa particularité réside dans le fait qu’il permet, grâce à un test de terrain facile à réaliser seul, de déterminer une valeur aussi complexe que la VO2max. Comme des parcours de test sont disponibles dans presque toutes les régions du pays, il peut être intégré dans le processus d’entraînement, ce qui permet aux athlètes de suivre l’évolution de leurs performances en continu.

Qui a eu l’idée de ce test? Et sa mise au point a-t-elle demandé un gros investissement de la part de la HEFSM et de Swiss Cycling?

L’année dernière, un modèle mathématique permettant de déterminer la VO2max sur la base d’une ascension à vélo a été validé dans le cadre d’un mémoire de master à la HEFSM, portant sur l’interaction entre physique et psychisme chez les coureurs de l’équipe nationale. C’est ce modèle scientifique qui nous a servi de base pour créer l’Engine Check. Le système en soi a été mis au point pendant le confinement dans l’idée de remplacer les habituels tests de laboratoire rendus impossibles par la crise du coronavirus.

Concrètement, comment ça s’est passé pour les coureurs d’élite?

Comme les parcours sont répartis dans tout le pays et que les coureurs peuvent les emprunter librement, cette formule nous a permis, même dans cette situation contraignante, d’accompagner de manière idéale leur processus d’entraînement.

Tous les cadres de Swiss Cycling, des jeunes talents aux coureurs d’élite, ont-ils dû faire ce test?

Non, comme pour le diagnostic de performance en laboratoire, ce test est facultatif. Il a heureusement suscité un grand intérêt et nous a permis d’avoir beaucoup d’échanges avec les athlètes. Mais, comme les données ne peuvent pas être enregistrées dans l’outil d’analyse, nous ne pouvons pas formuler de conclusions concrètes quant à son utilisation.

Le test a eu aussi beaucoup de succès auprès des sportifs amateurs. Quels feed-back avez-vous reçus et êtes-vous satisfaits de la participation?

Nous recevons régulièrement des témoignages de cyclistes qui se disent impressionnés par la précision des analyses, qui correspondent exactement aux valeurs qu’ils mesurent eux-mêmes. Autrement dit, l’Engine Check permet de tester non seulement la performance physiologique, mais aussi la précision de son propre système de mesure de la performance.

Que va-t-il se passer maintenant? Allez-vous étoffer le réseau des parcours ou procéder à certains ajustements?

Le diagnostic de la performance en laboratoire montre que tous les coureurs d’élite ont pour dénominateur commun une VO2max élevée. Swiss Cycling va donc utiliser l’Engine Check aussi pour détecter les talents à l’échelle régionale, talents qui pourront peut-être grâce à ce test venir faire des analyses plus poussées à Macolin.

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Commentaires à propos de l’Engine Check:

Sina Frei (championne du monde de cross-country chez les M23 et championne du monde du relais par équipe): «Comme les tests de performance réalisés habituellement en laboratoire à Macolin ont dû être annulés à cause du coronavirus, l’Engine Check m’a permis d’avoir, très simplement, un suivi fiable de mes performances. Pendant le confinement, je me suis entraînée dans la région de Lenzerheide, où nous avons un appartement de vacances, et je suis allée à Fläsch pour faire le test. Je l’ai fait cinq fois, de manière à pouvoir ajuster mes plans d’entraînement avant chaque course.»

Cycliste amateur (62 ans / 106 kg): «L’Engine Check n’empêche pas de vieillir, mais il peut aider à bien vieillir. Grâce aux données requises dans l’outil d’analyse et au calcul de la VO2max relative, chacun peut déterminer ses performances dans les différentes zones d’entraînement et obtenir, pour chacune d’elles, des exemples d’entraînement, allant de la régénération à la capacité anaérobie. L’avantage de ce test, c’est que le poids du vélo ne joue aucun rôle et que je peux malgré tout me comparer à d’autres via la VO2max relative. Même si le parcours test du Belpberg m’a déjà mis à rude épreuve, je vais essayer de faire le test sur d’autres parcours parmi les 17 proposés, notamment celui de Granges. Grâce à un entraînement plus ciblé, il n’est pas exclu qu’à mon âge, je puisse encore améliorer mes performances.»

Haute école fédérale de sport de Macolin HEFSM

Secrétariat du rectorat
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2532 Macolin