Trois questions à Andreas Koch, «le sifflet»
Les Journées des entraîneurs qui se dérouleront à Macolin cette année s’intituleront «Énergie – recharger, stocker, utiliser». Il y sera question des différents types d’énergie: physique, émotionnelle et mentale. Prendre des décisions peut donner de l’énergie mais peut aussi en coûter. L’ancien arbitre de hockey sur glace Andreas Koch, dit «le sifflet», veut aider les gens à ne plus craindre de prendre des décisions pour qu’ils puissent réaliser leur plein potentiel. Son intervention dans le cadre des Journées des entraîneurs portera sur les liens entre décisions et énergie.
Andy, tu as coutume d’affirmer que le succès vient quand on prend les bonnes décisions. Que veux-tu dire exactement?
Beaucoup de gens se considèrent comme victimes des décisions des autres ou des circonstances qu’ils rencontrent. Moi j’affirme qu’on n’est que le produit de ses propres décisions. Cela n’a rien à voir avec les autres ou avec les circonstances. Si l’on n’est pas content d’un résultat, il faut prendre d’autres décisions. Le succès viendra alors de lui-même.
Quelle influence la prise de décisions a-t-elle sur notre énergie? As-tu des exemples concrets à nous donner?
Notre corps est plein d’énergie. C’est ce que nous appelons les émotions: é-motion – énergie en mouvement. Nos émotions ont une influence incroyable sur nos décisions. C’est pourquoi nous devons apprendre à mieux les percevoir et les gérer. Aux Journées des entraîneurs, je donnerai l’exemple d’une situation dans laquelle j’avais pris une décision correcte sur le plan technique mais où, ensuite, je m’y suis mal pris par crainte de certaines conséquences. Si bien qu’en fin de compte, j’ai dû quitter le stade sous escorte policière. La peur et les émotions négatives nous inhibent. Tout le monde en fait l’expérience. Il faut donc regarder cela de plus près pour pouvoir canaliser son énergie et améliorer sa qualité de vie.
Tes explications sont claires mais c’est plus facile à dire qu’à faire. Vaut-il mieux employer telle ou telle joueuse? Est-il préférable de commencer un match offensivement ou défensivement? L’athlète XY a-t-il besoin d’une phase de récupération ou non? Face aux décisions difficiles, comment s’y prendre?
Dans notre société, nous envisageons la pensée, l’action et les sentiments comme trois choses séparées. Dans les faits, ce cloisonnement est rare et, en se l’imposant, on aboutit à un dilemme intérieur. La recherche scientifique a montré que les trois aspects sont interdépendants. Et que l’énergie du cœur, par exemple, a une influence bien supérieure à celle du cerveau. Le cœur est d’ailleurs très bien connecté au cerveau, lequel est connecté à l’intestin. Prends le stress, par exemple: il se manifeste d’abord au niveau du cœur (variabilité de la fréquence cardiaque), puis déclenche une réaction dans le cerveau, que l’on ressent au niveau intestinal. Le mot-clé, par conséquent, c’est la cohérence. Si tu veux améliorer tes décisions ou avoir une influence sur elles, écoute davantage ton cœur. En tant que jeune arbitre, je me demandais comment j’allais entrer dans le match. Mais les choses ne tournaient jamais comme prévu alors j’ai vite cessé de le faire. Les bons entraîneurs et les bons arbitres (…) développent une intuition, s’adaptent à la situation et décident vite. Si les décisions s’avèrent mauvaises, il faut revenir à la question initiale.
Haute école fédérale de sport de Macolin HEFSM
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