Aller au contenu principal

InformationsPublié le 12 mars 2024

Intégrer les besoins du handisport dès la planification des installations sportives

Concevoir des salles de sport n’est pas chose aisée. Elles doivent en effet répondre aux besoins des groupes d’utilisateurs les plus divers, notamment en matière d’équipements. C’est sous une perspective inédite, celle de Felix Frohofer, champion de handibike qui se déplace en fauteuil roulant, que les 29 participants et participantes au CAS Installations sportives ont découvert la salle de formation de l’Office fédéral du sport OFSPO à Macolin.

Les participants et participantes au CAS Installations sportives proposé par la Haute école fédérale de sport de Macolin HEFSM exercent une activité en lien avec la construction et l’exploitation d’installations sportives, ce qui les met en contact avec de nombreux acteurs du domaine du sport. Dans leurs tâches, ils sont confrontés tant aux aspects théoriques, avec la planification et l’élaboration des projets de construction, qu’aux aspects pratiques, qui se traduisent par la mise en œuvre des choix de construction et, in fine, par l’utilisation des infrastructures par les sportifs et sportives.

Le changement de perspective offert dans le cadre du CAS a mis en lumière la nécessité d’impliquer les différents groupes d’utilisateurs à un stade précoce de la conception afin de répondre aux exigences de plus grand nombre de sports et de personnes possible.

Encadrés ou non?

Le soldat sport Felix Frohofer, assis dans son fauteuil, a ainsi montré aux participants et participantes au CAS, qui pouvaient eux aussi tester les déplacements en fauteuil, quels étaient les points problématiques dans sa pratique quotidienne. «Il faut distinguer les athlètes handisport qui pratiquent leur sport seuls de ceux qui sont encadrés par des personnes non handicapées», a indiqué d’emblée celui qui joue aussi au unihockey à ses heures perdues.

Lors du premier exercice, les participants et participantes au CAS devaient chausser des lunettes plus ou moins noircies et se rendre du foyer de la salle de formation aux vestiaires. Réaliser ce parcours à l’aveugle n’a pas été une mince affaire et a suscité des questions de leur part, notamment concernant une signalétique en braille ou le tracé de lignes rugueuses au sol. Dans un autre exercice, il s’agissait de réaliser des tirs au but avec un masque sur les yeux.

Parking et tables

Felix Frohofer a parqué sa voiture juste à côté de la salle de formation. Il explique: «Il est important pour nous qu’il y ait suffisamment de places de stationnement à proximité et que les accès à la salle soient pourvus d’un revêtement en dur», avant d’ajouter: «Non seulement pour pouvoir décharger facilement le fauteuil et nous déplacer, mais aussi pour ne pas apporter de saletés à l’intérieur avec les roues.»

Dans l’entrée de la salle de formation, il remarque par ailleurs que les tables en hauteur ne sont adaptées qu’aux personnes qui peuvent se tenir debout. Il aurait préféré des tables réglables en hauteur.

Des portes larges pour les toilettes et des affichages adaptés

Les sportifs et sportives en situation de handicap ont aussi des exigences particulières concernant les toilettes. Cela commence par la largeur des portes, qui certes obéissent à la norme pour les fauteuils habituels, mais qui sont encore trop étroites pour les fauteuils handisport. Felix Frohofer a également précisé que les affichages et les commandes (interrupteurs, boutons) pour la lumière, la musique et d’autres fonctions ne doivent pas être positionnés trop haut.

À la fin de la visite, il a aussi mis le doigt sur un problème récurrent des salles de sport, qui représente un casse-tête pour la plupart des constructions: le sol. Certains sports préfèrent un sol souple, d’autres un sol plus dur. «Pour nous, les personnes en fauteuil, les sols durs sont préférables car ils nous demandent moins de force et d’énergie», a indiqué le para-athlète. Pour résumer: malgré les nombreuses mesures visant l’inclusion des personnes en situation de handicap, les exigences des athlètes handisport sont encore bien souvent trop peu prises en compte dans la construction des installations sportives. Peut mieux faire!

Office fédéral du sport OFSPO