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InformationsPublié le 5 mai 2026

Football: plus de scanning pour plus de succès

En football, les décisions se prennent en une fraction de seconde. Faut-il passer le ballon, tirer ou aller au duel? Lorsque les décisions sont bonnes, elles sont souvent le fruit d’une aptitude perceptivo-cognitive qui semble insignifiante à première vue, mais qui peut être déterminante: il s’agit du «scanning». Mirjam Hintermann, doctorante à la Haute école fédérale de sport de Macolin HEFSM, a étudié cette compétence de manière approfondie dans sa thèse.

Le scanning correspond au mouvement actif de la tête d’une joueuse, dont le regard quitte consciemment le ballon pour lui permettre d’effectuer un balayage visuel. C’est un moment où elle prend ses repères: où sont mes coéquipières? Où se cachent mes adversaires? Où sont les espaces? Les joueuses qui «lisent» le terrain régulièrement recueillent des informations qui leur assurent un avantage décisif, et ce avant même que le ballon n'arrive à leurs pieds.

Un engagement pour le football féminin

Au cœur de la recherche se trouvent les joueuses M19 du football d'élite et du football amateur. Dans le football masculin, le scanning a fait l'objet d'études de plus en plus nombreuses ces dernières années. Il est apparu que la fréquence et le timing du balayage visuel jouent un rôle décisif dans la réussite de l'action qui s’ensuit. Jusqu'à présent, on manquait largement de données comparables pour le football féminin. «Les différences entre le football masculin et féminin – qu’il s’agisse de la constitution physique ou des facteurs tactiques et structurels – peuvent modifier la dynamique du jeu», explique Mirjam Hintermann. «Les exigences en matière de perception et de prise de décision diffèrent donc également, ce qui souligne l’importance d’une recherche portant spécifiquement sur le football féminin.»

Son travail s’appuie sur des analyses vidéo détaillées de situations de jeu, qui reflètent le comportement précis des joueuses sur le terrain. L'étude porte non seulement sur la fréquence et le moment où les joueuses effectuent un balayage visuel, mais aussi sur l'impact de ce dernier sur la réussite de l'action qui s'ensuit, ainsi que sur l'importance de la pression exercée par l'équipe adverse dans ce contexte.

Les résultats sont sans équivoque: les joueuses du niveau élite scannent le terrain plus souvent que les joueuses amateurs, surtout au moment de recevoir le ballon. Dans l'ensemble, on constate que celles qui balaient plus souvent le terrain du regard prennent de meilleures décisions, quel que soit leur niveau de performance. L’étude montre également qu’une forte pression adverse réduit, chez toutes les joueuses, tant la fréquence des balayages visuels que l'efficacité des actions qui en découlent.

Le rôle des coachs

L’étude ne permet néanmoins pas d’affirmer si ce comportement peut être travaillé à l’entraînement ni quel rôle les entraîneurs et entraîneures jouent dans le développement de cette compétence. Mirjam Hintermann a donc mené deux autres études. L’une d’elle porte sur les effets immédiats des consignes verbales sur le comportement de balayage visuel du terrain et sur le résultat des actions qui s'ensuivent chez des jeunes joueuses d'élite. Le résultat? Il s'est avéré que, lorsque les entraîneures donnaient des consignes à leurs joueuses dans ce domaine, ces dernières scannaient le terrain à une fréquence supérieure de près de 30 % avant de contrôler le ballon.

L’autre étude s’intéresse à un programme d'entraînement de cinq semaines axé sur la lecture du jeu chez des joueuses de moins de 19 ans, aux niveaux élite et amateur. Le groupe d'intervention a montré une augmentation significative des occurrences de balayage visuel par situation de jeu, qui s'est maintenue même après deux semaines. Chez les joueuses de niveau amateur, toutefois, aucune amélioration significative n'a été observée, ce qui suggère que, pour tirer profit d'un entraînement perceptivo-cognitif à ce niveau de performance, un certain niveau de développement moteur ou des durées d'entraînement plus longues sont nécessaires.

En fournissant des bases fondées sur des données probantes, ce travail de doctorat donne aux entraîneurs et entraîneures des outils pratiques pour coacher leurs joueuses de manière ciblée et développer leurs capacités perceptivo-cognitives de manière optimale pendant les phases de jeu.

À propos de la doctorante

Mirjam Hintermann a obtenu son master en Sciences du sport avec une spécialisation en Sport d’élite à la Haute école fédérale de sport de Macolin HEFSM. Elle a effectué son doctorat à Macolin et à l'Université de Fribourg. Elle travaille aujourd'hui comme collaboratrice scientifique dans le domaine des sciences de l'entraînement.

Portrait Mirjam Hintermann, base de données des projets et des publications HEFSM

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