Comment le sport de compétition peut-il contribuer à la résilience de la société?
Le congrès «Perfom in Sport – Learn for Life!?» qui s'est déroulé le 10 mai à Lucerne a mis en évidence le potentiel du sport de compétition en termes de pédagogie, d'utilité sociale et de développement durable. Exposés et ateliers ont fait ressortir les aspects porteurs du système sportif actuel mais aussi les freins qu'il recèle. Ce congrès est un legs de l'Universiade d'hiver qui aurait dû avoir lieu à Lucerne en 2021, annulée en raison de la pandémie de COVID-19.
Les dérives du sport de compétition, notoires, font régulièrement la une dans les médias. Prenant le contrepied de ce constat négatif, le congrès s'est focalisé sur les vertus du sport de compétition, les valeurs qui le sous-tendent et les manières de promouvoir et de diffuser ces valeurs pour que la société en tire le meilleur parti.
Qu'est-ce que le sport – et en particulier le sport de compétition – nous apprend d'utile pour notre vie? A l'origine de ce congrès, une hypothèse: la somme d'expériences acquise par la pratique du sport de compétition et les valeurs qu'il véhicule mériteraient d'être transférées dans la vie quotidienne, seraient source de développement personnel et rendraient l'athlète ‒ et à fortiori l'individu ‒ plus résilient. Mais si cela est vrai, quelles sont les valeurs qui méritent d'être propagées au-delà du sport de compétition? Sont-elles socialement bénéfiques? Et qu'en dit la science? David Egli (Swiss Olympic) a présenté les idéaux qui sous-tendent le sport de compétition moderne, à savoir «plus vite, plus haut, plus fort ‒ ensemble» (Comité International Olympique) et «excellence, amitié et respect» (valeurs olympiques). Michael Jucker (Université de Lucerne) a recensé les mutations des valeurs du sport d'aujourd'hui. Daniel Birrer et Stephan Horvath (Haute école fédérale de sport de Macolin HEFSM) ont quant à eux énuméré les possibilités et les limites du développement de la personnalité à travers le sport. La psychologue du sport Erika Ruchti (HEFSM) a décrit la pression à laquelle les athlètes sont soumis durant les grands événements sportifs et comment les acteurs du système peuvent réagir pour la limiter et permettre aux athlètes de mieux la gérer. Pierina Schreyer (HEFSM) a clairement démontré que le pouvoir d'intégration que l'on attribue au sport ne va pas de soi et qu'il doit être soigneusement et patiemment entretenu. Enfin, le professeur Jürg Stettler (Haute école de Lucerne) a expliqué à quelles conditions une grande manifestation sportive peut s'avérer durable et laisser un héritage positif à la société.
L'utilité et la durabilité de certains projets sportifs ont été présentées à l'aide d'exemples véridiques, notamment les championnats d'Europe d'athlétisme 2014 à Zurich et le lancement de l'UBS Kids-Cup. A l'issue de ces exposés, les participants et participantes se sont attelés à une réflexion concrète dans le cadre de deux ateliers. Ils ont ainsi, d'une part, dressé un tour d'horizon de la situation actuelle à propos de l'ancrage des valeurs dans le système du sport suisse et, d'autre part, envisagé les mesures possibles pour améliorer ce transfert de valeurs. La table ronde finale, animée par le précédent recteur de la HEFSM, Walter Mengisen, a réuni un panel d'experts: Matthias Remund, le directeur de l'Office fédéral du sport OFSPO, Roger Schnegg, le directeur de Swiss Olympic, Camille Balanche, sportive multitalents et championne du monde de VTT de descente, et Marisa Reich, fondatrice de She Sports Switzerland. Tous se sont montrés conscients de l'importance croissante du sport dans la société et de leur responsabilité quant aux défis qui en résultent.
Organisée par Swiss Sports Future, la Haute école de Lucerne et la HEFSM, cette manifestation a bénéficié du soutien du Ski-Club Académique Suisse, de Swiss University Sports, de Swiss Olympic et de l'Europa Forum.
Haute école fédérale de sport de Macolin HEFSM
Hauptstrasse 247
2532 Macolin

.jpeg?auto=format)



















